Chapitre 1 UNE NOUVELLE AU LYCEE
Parti1:L'arrivée de la nouvelle élève
En cette période de rentrée scolaire, la nouvelle lycéenne présente sa famille à toute la classe.
« Il y a d'abord mon père Yves, qui est glacier et ne vit que de sa passion, les glaces et sorbets. Ma mère, Jessica, est mannequin et passe son temps dans les magasins, à feuilleter les magazines de mode ou à son travail. Il y a aussi ma grande s½ur Katie de 26 ans, qui n'a d'yeux que pour son futur bébé et son mari Jules. Ensuite vient mon frère Yann de 19 ans qui passe ses journées à lire les petites annonces dans le but de trouver un emploi dans le secteur automobile. Puis vient le tour des quadruplés (mes trois frères et moi-même, âgés de 16 ans): Jérémy, le rêveur qui adore contempler les étoiles; Alphonse, le sportif frimeur et stylé; Ben qui reste pendu des heures au téléphone avec sa petite amie Sylvia, habitant toujours à Villeneuve. Vient ensuite Oussama, 14 ans, populaire et frimeur. Et enfin, la petite Paola, 10 ans, qui fait tout pour me ressembler et s'intéresse déjà aux frasques des people dans les magazines et à la mode.
En ce qui me concerne, sachez que je m'appelle Anna et que je suis quelqu'un d'assez simple et de plutôt sportif. Je pratique entre autres le karaté, le judo, la boxe et Tae Kwon Do mais j'aime aussi beaucoup courir avec mon chien Bounty. Le style que je préfère est plutôt sportswear. Je connais encore peu de personnes ici mais l'amitié est quelque chose qui compte énormément pour moi.
Voilà en quelques mots une description de la famille Deslagnologua. »
Je repars à ma place, sous les applaudissements de Mme Guévi, ma prof de français qui me dit que ma présentation mérite entre 16 et 17/20.
A présent, c'est au tour de Fatma Pirez de nous présenter sa famille, composée de bon nombre de chipies, elle en tête. En plein milieu de son récit, la sonnerie retentit et je ressens un « ouf » de soulagement.
Fatma regarda toute la classe sortir du cours en rage que celle-ci ne puisse pas entendre la fin et sortit à son tour, accompagnée de ses deux pestes de copines, Diane et Minerva.
Pendant qu'on se rendait en cours d'histoire, Marta et moi discutions de nos goûts en matière de parfums de glaces.
« Moi c'est celles à la mangue que je préfère » interrompit Kévin, le plus séduisant, populaire et stylé des garçons de la classe.
Kévin ne comprit rien à nos rires déchaînés, haussa les épaules, se gratta le crâne et s'en alla. Alors Marta me fit remarquer à nouveau toute la beauté de Kévin; elle en était folle amoureuse. Elle en arrivait même à tomber en extase devant ses goûts en ce qui concerne les crèmes glacées...
Alors que j'éclatais de rire, elle me donna un coup de coude et entra dans la classe où nous attendait M. Hugo, le professeur d'histoire-géographie mais aussi le plus rasoir, ringard et râleur que je connaisse. Après une heure d'un profond ennui, tous les élèves se précipitèrent dans la cafétéria car nous étions prioritaires. Alors que nous faisions la queue, j'entendis Fatma dire à Diane qu'elle détestait les familles nombreuses et le fait de devoir toujours tout partager. La colère monta en moi car je savais pertinemment que ces remarques m'étaient indirectement adressées. Marta me conseilla de ne pas y prêter attention et de trouver une table au calme pour discuter.
Une fois installée, elle me demanda si j'avais remarqué combien Kévin avait été sympa avec nous ce matin. Et c'est pendant que nous attaquions notre entrée qu'il arriva et demanda à manger en notre compagnie avec d'autres personnes. Quand nous cherchâmes à savoir de qui il était accompagné, Kévin se contenta de répondre « les copains »; mais cela ne posa aucun problème à Marta. Il fallut accoler une autre table à la nôtre pour loger tout le monde.
Marta ne m'avait même pas consultée pour savoir si cela ne me gênait pas, mais que pouvais-je lui dire? Après tout, elle était amoureuse! Alors je me contentai d'apprécier mon nem en silence, qui fut interrompu peu après par les questionnements de Marta. Quand je lui rétorquai que rien de particulier ne me tracassait, elle me laissa enfin terminer tranquillement.
Finalement cette tablée s'avéra plutôt sympathique, et à la fin du repas, je m'étais fait de nouveaux amis et Marta un nouveau petit copain.
Ensuite, alors qu'on entrait en salle de mathématiques, Romain me demanda s'il pouvait s'asseoir à côté de moi; cela tombait plutôt bien vu que Marta avait migré à côté de Kévin et que je n'avais pas envie de me retrouver seule. Dans les premiers instants du cours, Romain m'informa qu'il n'avait pas son livre, alors il demanda à ce que je dispose le mien au milieu de nous deux. Il va de soi que j'acceptai, mais lui répondis d'un ton assez sec. Il tenta d'engager la conversation et me dérangea rapidement, si bien que Madame Guillona lui ordonna de se taire.
Nous sortîmes un peu en retard, retenus par le professeur. Par chance, le professeur de musique était absent et ô joie, je rejoignis mon père pour l'aider au magasin. On se donna rendez-vous plus tard. Vers 17 h 30, j'entendis retentir la cloche d'entrée du magasin ; ce son ne me faisait plus sursauter depuis longtemps, je m'y habituai rapidement. Je me faufilai à travers la file de clients en place pour aller saluer les nouveaux arrivants.
« Que puis-je vous servir? »
« Une pause! Ca te fera le plus grand bien! » Me répondit une voix familière.
Je relevai la tête de mon calepin et découvris Marta et les autres occuper cette table.
« Ah salut! Je ne vous avais pas vus entrer »
« Comment ça, tu ne regardes donc pas les clients? »
« C'est qu'aujourd'hui il ya beaucoup de monde, je vais demander à mon père le droit de faire une pause. »
Quelques minutes plus tard, je revins à leur table et leur dis:
« Je peux prendre une pause de cinq minutes, mon frère me remplace, mais je dois prendre vos commandes avant. »
Kévin demanda de la mangue, Marta un cornet à la pistache, Mehdi un milk-shake à la goyave et Romain un milk-shake banane-framboise.
Pour ce qui est des boissons, ils commandèrent sans grande originalité quatre Coca Cola. Peu après, je revins avec leur commande ainsi qu'une coupe au chocolat pour moi-même, je posai le plateau au milieu de la table et tout le monde se servit. Personne ne dit mot pendant un moment, Mehdi rompit le silence et demanda comment nous avions trouvé le contrôle de M. Hugo. Vu qu'il considère ces cours comme hautement ennuyeux, il n'avait pas révisé et avait donc trouvé l'interrogation particulièrement difficile. Je lui fis remarquer que le contrôle, portant sur les grands fleuves de France n'avait rien de sorcier, et qu'il l'aurait surement réussi s'il s'était donné la peine de réviser. Je n'avais pas eu besoin de cela, j'avais déjà traité le sujet dans mon ancien lycée. Marta me demanda de parler du lycée en question, au nom de tous les autres, visiblement intéressés. Alors que je commençais mon récit sur les structures, mon portable sonna, laissant entendre à tous un morceau de mon idole, Eminem. Après m'être excusée, je répondis.
«-Allô?
– Anna?
– Oui, qui est à l'appareil s'il vous plaît?
– C'est moi, Raphie!
– Ah salut! Je ne t'avais pas reconnue...
– Je t'appelle car j'ai une ou plutôt deux bonnes nouvelles pour toi.
– Vas-y, dis!
– La première c'est qu'Eminem sort son nouvel album, comme tu le sais sûrement...
– Mais non j'ignorais, ici on ne capte pas MTV!
– Pas de bol! La deuxième c'est que j'emménage ici et que je vais fréquenter le même lycée que toi.
– Ouais!!! »
Raphie déménageait à cause de fugues répétées expliquées par le manque de son amie, des problèmes avec sa mère et une rupture avec Roman, l'ex compagnon de Delfa, elle-même ennemie jurée d'Anna. Elle s'apprêtait à emménager chez son oncle, et par conséquent à partager son quotidien avec ses cousins et cousines.
Ayant raccroché, je revins vers eux en m'excusant et expliquant que le coup de fil provenait de ma meilleure amie. Cela aiguisa la curiosité de Marta, qui voulut tout savoir sur cette amie. Je n'eus le temps que de lui donner son nom, après quoi je retournai à mon poste craignant une remontrance de mon père.